Un peu de lecture


Tous les mois, suivez l’actualité du Design avec l’ESDAC via nos articles de presse sélectionnés par nos spécialistes. La pluridisciplinarité est au cœur du travail du designer, dont la culture se nourrit aussi bien des arts, des techniques, des sciences humaines ou des sciences de la nature.

En quelques lignes, tenez-vous informé de toutes les nouveautés, inspirations, portraits, évènements et innovations de ce secteur passionnant et bâtissez votre Culture Design !

LILLE A TOUS LES ATOUTS POUR DEVENIR CAPITALE MONDIALE DU DESIGN

La Métropole Européenne de Lille (MEL) veut devenir « capitale mondiale du design » en 2020. C’est la première fois qu’une ville française postule à ce concours organisé par la World Design Organisation. La ville choisie met en valeur pendant un an, à travers un programme d’évènements, les meilleures pratiques en matière de politiques urbaines et d’innovation qui améliorent le cadre de vie. Alors, après Taipei en 2016 et Mexico qui sera capitale mondiale du design en 2018, pourquoi pas Lille en 2020 ? Décryptage de cette candidature avec Colette Huvenne, présidente de Lille-design, la plateforme de promotion du design à l’origine du projet, qui nous en livre les enjeux.

Comment est née l’idée de cette candidature ?
Colette Huvenne. L’idée fait son chemin depuis déjà un certain temps. Dès le lancement de notre plate- forme en 2012, dont le but est de valoriser le design, nous y avons pensé. Damien Castelain, le président de la MEL, a donné l’impulsion décisive avant d’an- noncer la candidature o cielle en janvier dernier. Nous sommes aujourd’hui dans la dernière ligne droite. Les dossiers sont à remettre à la fin de la se- maine (ndlr : avant le 1er avril). Cet été nous aurons la visite d’une délégation avant une décision finale rendue mi-octobre.

Quels sont les enjeux de cette candidature ?
C.H. Nous voulons inscrire le design au cœur de notre modèle économique, environnemental, urbain, culturel, sociétal et éducatif. Nous avons la conviction que le design est un accélérateur de croissance. C’est un moteur de développement formidable, mais également un levier utile à tous. Industries, collectivités, et aussi et surtout les citoyens dans l’amélioration de leur qualité de vie grâce au design. Pour la Métropole Européenne de Lille et les 90 communes qui la sou- tiennent dans cette candidature, c’est aussi l’opportunité de doper l’attractivité du territoire et d’accroître la notoriété à l’international de la ville, de la région et des entreprises du cru.

Quels sont les atouts lillois ?
C.H. Nous sommes une terre de design. Plus de 300 designers vivent sur notre territoire. Nous avons des écoles, des entreprises d’une grande culture design comme Decathlon, Rabot Dutilleul, La Redoute, Leroy Merlin, ARC International… Une région dynamique qui a la population la plus jeune de France. Notre caractère transfrontalier (cf. la Biennale Intérieur de Courtrai) est aussi un atout. Tout comme les di érents évè- nements professionnels ou culturels organisés dans notre région, qui a été désignée en 2004 comme capitale de la culture.

Source : Extrait – Design fax 1019, LILLE A TOUS LES ATOUTS POUR DEVENIR CAPITALE MONDIALE DU DESIGN, lundi 3 avril 2017

LE CHANTRE DE L'INNOVATION

Directeur du design depuis mai 2010, il est amené à quitter le groupe Seb. Pour Seb, cela traduit une évolution de l’organisation et une mise en retrait de la fonction design corporate. Pour le designer de 49 ans, c’est l’occasion de nouvelles aventures.

Votre parcours en résumé ?
Michel Millot. En résumé, j’ai étudié à la Hochschule für Gestaltung d’Ulm. Après, j’ai eu la chance de faire un stage en Allemagne dans un institut de tests produits, ce qui m’a permis de m’intéresser à l’usage et de mettre ensuite au point des méthodes d’analyse que j’ai enseignées. Pendant quatre ans, j’ai créé et dirigé au Centre Pompidou un pôle de recherche. J’ai monté un système d’information sur les produits. Mais dans l’administration, tout ce qui marche est mal vu ! Ensuite, j’ai créé à la Camif un laboratoire de tests d’usage. Et après, j’ai créé mon agence.
Et pendant ce temps, vous étiez aussi enseignant ?
MM. J’ai été professeur à l’EnsAD. J’ai beaucoup enseigné en design mais aussi dans des écoles de commerce en France et au Canada.

Et la Chine, passion ou opportunité commerciale ?
MM. C’était en 1984. Une connerie de jeunesse : je pensais que les Chinois créaient des produits d’usage, mais en fait, pas du tout. C’était le commercial qui prévalait. Alors, j’ai pris mon bâton de pèlerin et j’ai appris le design aux Chinois. Ce qui était au départ une erreur est devenu un business intéressant. J’allais en Chine dix fois par an. Le potentiel était colossal. J’avais un bureau à Canton (je n’ai jamais voulu m’associer) et j’ai été le premier européen à exposer à la Foire de Canton. J’ai convaincu beaucoup de Chinois et j’ai eu un très gros client en petit électroménager, Harvest Precision, que je suis toujours. J’ai créé pour des entreprises de l’électroménager mais aussi de l’automobile…. en tout, quelques 2 000 produits !

L’objectif de votre livre?
MM. C’est de donner en dix étapes, une démarche méthodique qui structure le processus complexe de conception. Le design de produits ne se résume pas à une simple a aire de belles formes, ni à une meilleure mise en œuvre de matériaux ou de procédés de fabrication. Il faut que les nouveaux concepts soient dotés de réelles qualités d’usage, esthétiques, environnementales, techniques et commerciales.
Le design est trop souvent relégué au seul côté artistique et comme le terme est, aujourd’hui, très galvaudé et peu maîtrisé, cela donne n’importe quoi… Un produit doit être vendu et utilisé. L’innovation d’usage est primordiale. Le design, c’est à la fois la création mais aussi le marketing, la technique… Mon livre donne des clés pour améliorer la collaboration entre designers, techniciens et équipe marketing afin d’assurer la compétitivité des produits. Il s’adresse aux designers mais aussi aux enseignants et aux étudiants.

Vos projets ?
MM. Je continue à faire du design dans le cadre de mon agence Eurodesign. Quant à mon livre, il va être traduit en chinois et j’en prépare un autre sur les informations produits.

Source : Extrait – Design fax 1014, LE CHANTRE DE L’INNOVATION, lundi 27 février 2017

UN MAISON&OBJET OPTIMISTE ET EN PRISE AVEC L'ACTUALITÉ

Après des éditions 2016 marquées par le contrecoup des attentats, le salon de la décoration revient avec des pré-inscriptions en hausse et une programmation liée au besoin de déconnexion.

« 2016 a été une annus horribilis pour les salons à Paris », assure Philippe Chomat, directeur de la communication de Safi, l’organisateur de Maison&Objet, dont la nouvelle édition se tient du 20 au 24 janvier à Paris Nord Villepinte. 2017 s’annonce sur de bonnes bases avec un nombre d’exposants (2560) en hausse par rapport à janvier 2016 et des pré-enregistrements à l’avenant. Les pays qui s’étaient tenus à l’écart de la capitale sont de retour, comme le Japon, la Chine et les États-Unis. Au niveau du programme, la tendance est à la recherche de sérénité avec une thématique Silence développée par la scénographe de l’Espace d’inspirations Elizabeth Leriche : « Face à la saturation d’écrans, de sons, d’images, on aspire au silence et au temps. Je suis allée chercher des artistes et des designers qui travaillent sur ces notions, comme Dominique Blais, qui crée des boules Quiès en céramique et des enceintes en béton, ou le Belge Pierre-Emmanuel Vandeputte qui conçoit des isoloirs en liège. »

Meubles en feutre qui assourdissent les bruits, tabouret de méditation, matériaux allégés, ces sources d’inspiration se retrouveront dans un espace dédié du hall 7. Dans l’ensemble du salon, les exposants seront le reflet les évolutions sociétales. « On ressent un lien de plus en plus fort entre le monde de l’aménagement de bureaux et le résidentiel, souligne Franck Millot, responsable des partenariats et des événements. C’est l’esprit start up : quand vous voulez attirer les collaborateurs, il faut des lieux de travail où l’on se sent comme chez soi. On a donc des spécialistes du tertiaire qui conçoivent des lignes pour la maison et les spécialistes de l’habitat qui développent des collections pour le bureau. » Autre tendance de fond inspirée par la nouvelle économie : l’hôtellerie qui sous l’e et d’Airbnb crée des espaces communs de plus en plus semblables à des intérieurs domestiques. C’est le cas des néo-auberges de jeunesse qui fleurissent dans les grandes villes, avec des décorations soignées.

Source : Extrait – Design fax 1008, UN MAISON&OBJET OPTIMISTE ET EN PRISE AVEC L’ACTUALITÉ, Lundi 16 janvier 2017

LES SISMO, UNE FAMILLE PLUTÔT QU'UNE AGENCE

La société fondée par Antoine Fenoglio et Frédéric Lecourt a doublé de taille en trois ans mais veut garder son modèle singulier.

Le design et le ballet, l’alliance semble improbable. Et pourtant chez les Sismo depuis quelques semaines, une danseuse professionnelle, Émilie Regen, intervient régulièrement pour sensibiliser les clients et les collaborateurs à la place du corps dans l’espace. C’est le Sismo Design Ballet. « Quand on travaille sur un hôtel, cela permet d’appréhender les déplacements, le passage d’un lieu à un autre, explique Antoine Fenoglio, cofondateur de l’agence avec Frédéric Lecourt. On peut disposer du mobilier pour aider à ralentir le rythme. Dans un pays où on est tellement conceptuels, nous voulons réintégrer le corps dans la décision. » Depuis cinq ans, l’agence située près du Centre Pompidou à Paris a également acquis un château du 12ème siècle, la Commanderie dans la Creuse, qui lui sert à organiser des séminaires mais où elle invite aussi les clients à manier la truelle pour participer à la rénovation.

Ces méthodes iconoclastes semblent lui réussir puisqu’en trois ans, l’agence est passée de 10 à 20 personnes. Elle est désormais structurée autour de quatre pôles : le design thinking dirigé par l’architecte Olivier Ménard, le design industriel sous la houlette de Laurent Vermeglio, ex-Alcatel, le digital dont le dirigeant est en cours de recrutement et enfin la formation et la communication confiées à Marialya Bestouge , passée par PSA. « C’était difficile de grandir tout en préservant notre indépendance mais on se considère comme un projet, une famille créative plus qu’une agence organisée autour d’un duo, précise Antoine Fenoglio. C’est pourquoi on cherche des profils avec une fibre entrepreneuriale. On veut être une pointe de flèche, être là où le design n’est pas encore, où il n’est pas forcément in- dustrialisable. » Parmi ses convictions : pas de consultants. « On forme tout le monde en interne pour être capable d’accompagner les clients. »

Et aussi : pas de compétitions. « Ça fait gagner du temps. On cherche des clients curieux, qui ont besoin de prendre des risques. » Parmi ceux-ci, le Groupe Accor qui face à la concurrence d’Airbnb teste des prototypes d’hôtels, avec des implications en interne puisque les réactions sont recueillies en direct sur TripAdvisor, sans le filtre du service de communication. « On aide des grands groupes comme Sanofi, Saint-Gobain, Renault à avoir une démarche innovante et surtout à transmettre cette méthodologie pour que l’innovation ne crée pas des points de rupture dans les équipes. » Mais Sismo travaille aussi pour des PME et ETI (40% de l’activité) comme le porcelainier Pillivuyt.

En 2017, l’agence au logo en forme de mouton qui crache du feu fêtera déjà ses vingt ans. « On va à notre rythme, se félicite Antoine Fenoglio. C’était mon rêve de gamin d’avoir un château, pas d’avoir une agence de 200 personnes. Nous voulons être un projet humain plutôt qu’une entreprise. »

Source : Extrait – Design fax 1004, LES SISMO, UNE FAMILLE PLUTÔT QU’UNE AGENCE, Lundi 5 décembre 2016

JEAN-CHARLES GATÉ : L'INTERVIEW

À l’occasion du numéro 1000 de Design fax, Jean-Charles Gaté, son fondateur, se prête au jeu de l’interview avec Christophe Chaptal de Chanteloup (CC&A.) à qui il a confié le soin de développer le titre.

Cher Jean-Charles, déjà le numéro 1000 ! Une déclaration s’impose !

Design Fax existe depuis plus de vingt-deux ans. En lançant la lettre en janvier 1995, j’ai voulu créer quelque chose qui n’existait pas – voire qui prenait le contrepied de ce qui pouvait exister. D’abord, traiter le design avec une approche journalistique et donc donner priorité à l’information sur le commentaire. Ensuite, aborder le design sous l’angle économique et managérial, loin des postures et du star system. Enfin, il s’agissait de bénéficier d’une totale indépendance, d’où le refus de toute publicité et un financement uniquement par les abonnements.

Pourquoi ce nom de Design fax ?
J-C.G. Avec cette lettre, mon objectif était de privilégier le texte, d’être le plus réactif possible, de transmettre rapidement l’information, tout en limitant l’investissement. Cela m’a naturellement conduit à la diffusion par fax, d’où le nom. À l’époque, le fax était le seul moyen de proposer une disponibilité instantanée de l’information, directement sur le bureau de l’abonné. Quant au format à l’italienne suggéré par l’équipe de Jean-Pierre Vitrac, il était original pour le fax, et surtout immédiatement repérable.
Voilà comment le nom et le format sont devenus des éléments identitaires de la marque Design fax.

D’où vient ce ton parfois légèrement caustique ?
J-C.G. Il faut toujours prendre de la distance, du recul et éviter la critique trop dure qui est inefficace. Mieux vaut un peu d’impertinence. Et cela permet de nouer une complicité durable avec le lecteur.

Le numéro qui fait votre fierté ?
J-C.G. Il n’y en a pas un en particulier. Il serait plus juste de parler de satisfactions au fil des semaines. Par exemple, quand un organisme, épinglé pour avoir proposé une consultation non rémunérée, a accepté de lancer un nouvel appel d’offres plus respectueux de la valeur de la création. Cela s’est produit plusieurs fois.
Il y a aussi le travail accompli en direction des designers intégrés. C’était une population mal connue. Dès le départ, Designfax s’y est intéressé et, en 2000, a édité le premier annuaire du design en en- treprise. Beaucoup de sociétés ne voulaient pas que l’on publie les noms de leurs designers. Certaines ont même menacé d’engager des poursuites. Des directions générales ou marketing estimaient que les designers n’avaient pas à être mis en avant, car elles redoutaient d’attirer l’attention de leurs concurrents.
Parmi les marques qui aujourd’hui placent le design aux avant-postes de leur communication, il y en a qui ont été réticentes au début, avant de jouer pleinement le jeu.

Et ce dont vous êtes le moins fier ?
J-C.G. D’avoir été mal compris, en bien ou en mal – du fait d’un style parfois trop elliptique, lié au format de l’époque (trois pages).

L’avenir de Design fax ?
J-C.G. Il s’écrira sous votre direction. Je vous ai demandé de continuer l’aventure, compte tenu de notre complicité de longue date. Surtout, je considère que nous avons la même façon de voir les choses et le Designclub que nous avons lancé ensemble en témoigne. C’est pour moi la meilleure garantie de la pérennité de la lettre.
Il est vrai que tout cela s’est mis en place brusquement, quelques mois plus tôt que prévu lorsque j’ai dû, en mai dernier, arrêter toute activité pour raisons de santé.
Aujourd’hui, je suis heureux que Designfax continue et se développe. Mais, je suis triste de ne pas avoir pu dire au revoir à tous les lecteurs – qui forment une communauté de professionnels curieux et enthousiastes – avec qui j’ai vécu tant d’années passionnantes. Je les en remercie. Et puis, je tiens aussi à remercier Pierre-Yvon Carnoy (Design Strategy, puis AOL et Penninghen) qui m’a accompagné durant toutes ces années et qui était là pour le passage de relais.

Design fax dans 20 ans ?
J-C.G. C’est la poursuite de ce qui est en train de se mettre en place aujourd’hui : continuer à rassembler les acteurs d’un secteur du design de plus en plus protéiforme, à lancer des évènements autour de la lettre afin de répondre à la demande des abonnés en maintenant bien sûr l’esprit Design fax.

Source : Extrait – Design fax 1000, LA LETTRE HEBDOMADAIRE DES STRATÉGIES DESIGN, lundi 7 novembre 2016

LIEU DU DESIGN : LA REGION SANS ETAT D’AME

L’organisme destiné aux entreprises perd 35 % de son budget et va être regroupé avec d’autres structures pour réaliser des économies d’échelle.

La région Île-de-France dément vouloir amputer le budget du Lieu du design de 85 %, comme écrit par Telerama sur son site internet le 3 mai : « La baisse est de 35 % » déclare Valérie Montandon, conseillère régionale et présidente du lieu. La nouvelle présidente de région Valérie Pécresse souhaite diminuer les subventions des 29 organismes associés ayant le statut d’association avec mission de service public, afin de rationaliser les coûts. « Chacun a des frais de locaux, de commissaires aux comptes… Nous allons les regrouper pour faire des pôles plus structurés et réaliser des économies d’échelle », poursuit Valérie Montandon.
Selon le cabinet de Valérie Pécresse, « la Cour des comptes avait estimé que 40 % des dépenses des organismes étaient des coûts de structure. » La région a commandé un audit au cabinet EY qui a préconisé « un plan d’économies drastique de 120 millions d’euros » et « un regroupement en cinq à six grands pôles. » Concernant le Lieu du design, le service presse de la région est sans état d’âme : « Il n’a pas la taille critique et son évolution en solitaire n’est pas viable. Il n’a pas été arrimé à un projet économique alors qu’il aurait fallu le faire depuis des années. A ceci s’ajoute une gestion inefficace sans maîtrise des coûts. Sauver les compétences du design suppose de changer de modèle économique. » Plus précisément, Valérie Montandon dénonce le déménagement dans le 19e arrondissement « avec des frais d’aménagement de 370.000 euros, alors qu’un million d’euros de travaux n’avaient pas été encore amortis » dans le précédent espace, plus central. Interrogée sur l’arrêt des expositions grand public, la présidente se justifie : « Le Lieu du design va concentrer ses missions sur l’accompagnement des entreprises, avec pour objectif l’emploi. Ce n’est pas forcément l’activité la plus médiatique, mais c’est là où l’on veut mettre les moyens. » Au passage, la conseillère régionale Les Républicains tacle la mairie de Paris, qui aurait supprimé sa subvention de 25.000 euros, et regrette l’arrêt de l’aide de l’État pour les appels à projets. Elle reconnaît cependant que le Lieu du design a une forte trésorerie, ce qui lui permet d’absorber la baisse de budget. « Les expositions sont gratuites alors que la communication coûte de l’argent, souligne pour sa part Stéphane Simon, directeur du Lieu. Dans le passé nous avons pu faire appel au mécénat, mais c’était plus difficile pour la monographie sur Roger Tallon. Nous restons partenaires de l’exposition qui lui sera consacrée aux Arts Déco en septembre avec l’organisation de conférences et rien ne nous interdit de faire appel au financement privé pour d’autres événements à l’avenir. » Le regroupement des pôles annoncé, qui ressemble fort à une dilution des missions de ce qui devait être la vitrine régionale du design, ne devrait pas intervenir avant 2017.

Source : Extrait – Design fax 981, LA LETTRE HEBDOMADAIRE DES STRATÉGIES DESIGN, Mardi 17 mai 2016

RENCONTRE AVEC VIOLAINE & JEREMY

Duo d’illustrateurs-graphistes parisiens, Violaine Orsoni & Jérémy Schneider cultivent leur passion pour le dessin et le noir et blanc. Ils viennent pour la seconde fois d’être primés au Club des DA. Interview croisée.
Vous venez d’être primés par le Club des DA en identité visuelle pour « Les Journées européennes des métiers d’art ». Vous aviez déjà été récompensés l’an dernier pour le Théâtre des Bou es du Nord. Et une autre de vos réalisations, « Welcome to the Jungle » a été pré-sélectionnée cette année en design d’inter- faces. C’est la consécration ?
Violaine. Nous sommes très fiers. Et ce prix pour les Journées européennes des métiers d’art nous ravit d’autant plus que c’est un travail complet, à la fois en typographie, illustration, signalétique…

Racontez-nous votre parcours.
V. Quand nous nous sommes rencontrés, nous étions tous les deux dans la pub. J’étais directrice de production en agence.
Jérémy. Et moi, après mes études de graphiste et illustrateur, j’ai fait un stage à La Chose où l’on m’a proposé un poste de DA. J’ai beaucoup aimé l’expérience et l’ambiance mais moins le travail.

Et alors, vous avez décidé de vivre et travailler ensemble ?
V. C’était en 2011. Tout s’est fait naturellement. Nous avions envie de liberté. Nous avons créé notre studio d’arts graphiques. Nous sommes un couple au travail comme à la ville. Nous passons le plus clair de notre temps ensemble. Et nous sommes complémentaires
J. Comme les deux doigts de la main ! Violaine, c’est la direction artistique. Et moi l’illustration.
V. La direction artistique mais aussi le commercial, le management…

Vous avez la petite trentaine et vous avez déjà réussi à imposer votre double prénom dans l’univers du graphisme et de l’illustration. Comment ?
V. Je pense que notre force vient de notre team à 100%. Nous travaillons les projets ensemble et ensuite Jérémy donne le premier jet créatif. Après, tout s’enchaîne.

Vos réalisations, ce sont 50% DA-graphisme et 50% illustration ?
J. C’est vraiment un équilibre. En illustration, nous travaillons en presse (magazine mais aussi édition privée) en culturel, mode… En DA-graphisme, nous sommes sur l’identité des marques ou projets.

Qu’est-ce qui marche le mieux ?
V. L’illustration cartonne car tous les supports sont possibles.
J. Notre spectre de compétence est large. En graphisme, c’est plus facile de déléguer. En illustration, c’est compliqué. Nous sommes actuellement trois personnes en permanence et travaillons avec des free lance.

Une réalisation Violaine & Jérémy, c’est 100% vous deux ?
V. Oui 100%. Nous sommes ensemble 24h sur 24. Nous prenons les décisions à deux. C’est primordial pour nous.

Vous aimez la presse mais aussi la mode et vous avez travaillé pour AMI. Pour quelles autres marques ?
V. Beaucoup de réalisations mode restent confidentielles…

Ce qui vous manque côté business ?
J. Un ou deux projets en culture, notre passion.

Vous vivez-bien ?
V. Ce n’est pas l’économie de la pub. Mais ça va. Et surtout nous sommes libres !

Pour en savoir plus, entre autre, sur les illustrations en noir et blanc : www.violaineetjeremy.fr

Source : Extrait – Design fax 1022, RENCONTRE AVEC VIOLAINE & JEREMY, Lundi 24 avril 2017

MALHERBE DESIGN JOUE AUX CUBES AVEC FRED

L’agence a créé un outil d’aide à la vente pour le joaillier de la rue de la Paix qui rappelle les jeux pour enfants… au service d’une customisation à plusieurs milliers d’euros. L’objet baptisé Atelier Fred prend la forme d’un coffret connecté sur lequel les clients vont poser différents cubes représentant les composants du bracelet emblématique Force 10 : câble, fermoir, couleurs, gravures, insertion de pierres précieuses. Sur un écran s’affichent en temps réel les détails choisis et le prix, pour éviter les mauvaises surprises. Plus de 100 000 combinaisons de matériaux et de couleurs sont possibles et pour pousser la personnalisation encore plus loin, Fred utilise le nuancier numérique Capsure de Pantone, qui permet d’enregistrer la couleur d’un vêtement ou de tout autre objet pour l’appliquer sur le bijou. Autre service proposé par la marque de LVMH, l’application mobile Atelier Fred permet de dupliquer la couleur d’une photo de vacances ou liée à un souvenir particulier. La mallette a en plus l’avantage d’être nomade, ce qui va lui permettre de voyager dans les différentes boutiques du joaillier et dans les palaces cet été.

« Je suis monomaniaque du client. Rien ne me plaît plus que de devancer ses attentes, qu’il puisse dire j’en rê- vais et je ne le savais pas », affirme Rachel Marouani, la présidente de Fred qui a testé les innovations numériques lorsqu’elle dirigeait le marketing de Sephora. Dans son poste actuel, elle a par exemple introduit des hologrammes en vitrines, qui viennent remplacer les joyaux à la nuit tombée. « L’objectif n’est pas de plaquer de la technologie dans la boutique mais d’améliorer l’expérience client, poursuit-elle. La technologie doit s’effacer devant l’usage. Dans nos boutiques il n’y a pas d’ordinateur, tout se traite sur tablette, même l’encaissement. Nous sommes une marque de luxe qui aime recevoir, qui ne veut pas être intimidante. »

Source : Extrait – Design fax 1012, MALHERBE DESIGN JOUE AUX CUBES AVEC FRED, Lundi 13 février 2017

STEPHANE THIROUIN QUITTE SEB

Directeur du design depuis mai 2010, il est amené à quitter le groupe Seb. Pour Seb, cela traduit une évolution de l’organisation et une mise en retrait de la fonction design corporate. Pour le designer de 49 ans, c’est l’occasion de nouvelles aventures.

Son départ interviendra officiellement en juillet. Il est effectif depuis plusieurs jours. Stéphane thirouin quitte le groupe Seb où il était directeur design depuis mai 2010. Il ne sera pas remplacé, cette fonction design au niveau corporate n’étant pas maintenue. Les directeurs marketing consolident leur rôle sur la création de produits. C’est désormais l’homme de marketing Thierry Gee qui pilotera les designers. Parmi les 17 designers intégrés dans le groupe, deux conservent une mission transverse relevant d’une démarche au niveau corporate. D’une part, Véronique Bruchwalski, responsable Couleurs, Matières, Finitions et tendances depuis mai 2012. Elle est chargée d’irriguer toutes les équipes dans ces domaines et d’effectuer la veille. Elle a notamment travaillé chez pininfarina, Volvo Cars, Mc Laren automotive et Renault. D’autre part, anthony Masson, designer innovation depuis janvier 2012. Il collabore avec la recherche afin d’adapter les produits imaginés par celle-ci. Il a été en poste chez Capital Innovation avant de rejoindre Seb en mai 2008. Chaque équipe de designers est affectée à un secteur de produits : cuisine électrique et non électrique, soins personnels… Stéphane Thirouin prépare, entre autres, le lancement en juin sur Kickstarter d’un produit qui a fait l’objet de près de trois ans d’études.

Source : Extrait – Design fax 979, LA LETTRE HEBDOMADAIRE DES STRATÉGIES DESIGN, lundi 18 avril 2016

LIEU DU DESIGN : LA REGION SANS ETAT D’AME

L’organisme destiné aux entreprises perd 35 % de son budget et va être regroupé avec d’autres structures pour réaliser des économies d’échelle.

La région Île-de-France dément vouloir amputer le budget du Lieu du design de 85 %, comme écrit par Telerama sur son site internet le 3 mai : « La baisse est de 35 % » déclare Valérie Montandon, conseillère régionale et présidente du lieu. La nouvelle présidente de région Valérie Pécresse souhaite diminuer les subventions des 29 organismes associés ayant le statut d’association avec mission de service public, afin de rationaliser les coûts. « Chacun a des frais de locaux, de commissaires aux comptes… Nous allons les regrouper pour faire des pôles plus structurés et réaliser des économies d’échelle », poursuit Valérie Montandon.
Selon le cabinet de Valérie Pécresse, « la Cour des comptes avait estimé que 40 % des dépenses des organismes étaient des coûts de structure. » La région a commandé un audit au cabinet EY qui a préconisé « un plan d’économies drastique de 120 millions d’euros » et « un regroupement en cinq à six grands pôles. » Concernant le Lieu du design, le service presse de la région est sans état d’âme : « Il n’a pas la taille critique et son évolution en solitaire n’est pas viable. Il n’a pas été arrimé à un projet économique alors qu’il aurait fallu le faire depuis des années. A ceci s’ajoute une gestion inefficace sans maîtrise des coûts. Sauver les compétences du design suppose de changer de modèle économique. » Plus précisément, Valérie Montandon dénonce le déménagement dans le 19e arrondissement « avec des frais d’aménagement de 370.000 euros, alors qu’un million d’euros de travaux n’avaient pas été encore amortis » dans le précédent espace, plus central. Interrogée sur l’arrêt des expositions grand public, la présidente se justifie : « Le Lieu du design va concentrer ses missions sur l’accompagnement des entreprises, avec pour objectif l’emploi. Ce n’est pas forcément l’activité la plus médiatique, mais c’est là où l’on veut mettre les moyens. » Au passage, la conseillère régionale Les Républicains tacle la mairie de Paris, qui aurait supprimé sa subvention de 25.000 euros, et regrette l’arrêt de l’aide de l’État pour les appels à projets. Elle reconnaît cependant que le Lieu du design a une forte trésorerie, ce qui lui permet d’absorber la baisse de budget. « Les expositions sont gratuites alors que la communication coûte de l’argent, souligne pour sa part Stéphane Simon, directeur du Lieu. Dans le passé nous avons pu faire appel au mécénat, mais c’était plus difficile pour la monographie sur Roger Tallon. Nous restons partenaires de l’exposition qui lui sera consacrée aux Arts Déco en septembre avec l’organisation de conférences et rien ne nous interdit de faire appel au financement privé pour d’autres événements à l’avenir. » Le regroupement des pôles annoncé, qui ressemble fort à une dilution des missions de ce qui devait être la vitrine régionale du design, ne devrait pas intervenir avant 2017.

Source : Extrait – Design fax 981, LA LETTRE HEBDOMADAIRE DES STRATÉGIES DESIGN, Mardi 17 mai 2016

SAMSUNG MET EN SCENE LE BUREAU CONNECTE

Jusqu’au 13 mai, c’est la semaine de l’innovation chez le fabricant coréen. Il organise sa deuxième Innovation Week au cœur de Paris, dédiée cette année aux mutations digitales au travail.

Après une première Edition en 2015 qui a attiré quelque 500 participants, Samsung renouvelle l’opération Innovation Week, une vitrine de ses solutions technologiques qui met l’accent cette année sur les espaces de travail.
Pendant une semaine, jusqu’au 13 mai, la filiale France accueille ses futurs clients et partenaires à la Galerie Joseph, dans le 3e arrondissement de Paris, où sont présentées différentes situations : bureau, salle de réunion, chantier, usine, cabinet médical, agence bancaire ou boutique. Si le studio de design de Samsung à Paris n’est pas directement concerné par ce projet, celui-ci s’adresse à tous les secteurs d’activité́, y compris les métiers de création, et montre la capacité́ du fabricant à s’adapter aux usages.
Démonstration dans l’espace de réunion nouvelle génération, où le paper board est remplacé par une table interactive, et la présentation Power Point par un écran partagé. Chaque participant, identifié par un code couleur, peut ajouter des commentaires, des vidéos ou des dessins, et un modérateur se charge d’organiser les idées. Direction le bureau où cohabitent un écran incurvé pour réduire la fatigue visuelle, un PC portable et une tablette. Plus de tour verticale : les informations sont stockées sur le cloud et protégées par un cryptage, ce qui permet de travailler sur n’importe quel ordinateur.
Pour les chantiers en extérieur, Samsung a conçu des tablettes renforcées résistantes à la poussière et à la chaleur. En partenariat avec Legrand, un interrupteur permet de lancer une vidéo sur un écran, mais aussi de mesurer la consommation d’électricité́ sur chaque poste de travail. La visualisation 3D est partout. Le casque de réalité́ virtuelle Gear VR développé avec Oculus permet aussi bien de visiter une usine ou l’intérieur d’un avion que de former des employés à la circulation dans un point de vente ou des étudiants en médecine à des opérations chirurgicales. Club Med en équipe déjà̀ sa boutique des Champs Elysées pour faire découvrir ses clubs.
« La réalité́ virtuelle est une vraie tendance de fond, affirme Thibaut Felgères, directeur de la division B to B de Samsung France. En concession elle permet de faire essayer une nouvelle voiture avec toutes les options, dans l’immobilier elle facilite la visite d’appartements, dans des secteurs sensibles elle est une aide à la formation. » Pour Jean Hwan Kim, responsable marketing solutions B to B, « la transformation digitale est une opportunité énorme pour nous et pour toutes les entre- prises. Le retail y réfléchit depuis longtemps, le bâtiment et l’aéronautique baignent dedans mais pour d’autres secteurs comme les services à la personne, c’est encore nouveau. » Avec son large portefeuille de produits et ses nombreux partenaires techniques, Samsung assure pouvoir répondre à toutes les problématiques, de la PME à l’entreprise du CAC 40.
L’Innovation Week est aussi l’occasion pour le constructeur d’inviter des professionnels à témoigner sur leurs pratiques. L’architecte Ramy Fischler viendra parler du bâtiment connecté, IDTGV et Club Med interviendront sur la place de la digitali- sation dans les organigrammes, Publicis apportera ses conseils sur une stratégie digitale réussie. On va sans doute beaucoup entendre les mots génération Y et uberisation pendant cette semaine, tant ils sont inséparables de la transformation accélérée des entreprises ».

Source : Extrait – Design fax 980, LA LETTRE HEBDOMADAIRE DES STRATÉGIES DESIGN, lundi 9 mai 2016.

LE DESIGN PEUT-IL SAUVER SAMSUNG ?

L’arrêt de la production du Galaxy Note 7 est un coup dur pour le fabricant coréen en plein bras de fer avec Apple. Peut-il rebondir grâce à une stratégie design ?

Une a aire explosive. L’expression est toute trouvée pour qualifier le fiasco du Galaxy Note 7 retiré du marché après plusieurs cas de combustions. Lancé en grande pompe le 2 septembre en France, ce smartphone était censé être la réplique de Samsung à l’iPhone 7 d’Apple. Si dans un premier temps, le design de l’appareil ne semblait pas être en cause, le défaut venant apparemment des batteries, il apparaît que la conception soit concernée. Comme le souligne Le Monde du 12 octobre, le Note 7 a chait en e et 0,3 mm d’épaisseur en moins par rapport au précédent modèle, le Note 5, avec une capacité de batterie 20 % supérieure. Une gageure technologique selon les spécialistes.

Dès l’annonce de l’arrêt de la production, la semaine dernière, Samsung a abaissé ses prévisions de bénéfices opérationnels de 33,3 % pour le troisième trimestre. L’entreprise qui était 7ème du dernier classement Interbrand des Best Global Brands 2016 devrait dévisser l’année prochaine en termes de valeur financière mais aussi de valeur de marque (Interbrand a transmis la consigne à ses consultants de ne pas commenter l’a aire). « C’est la conséquence de la course à la compétitivité, qui pousse à faire son marché parmi les fournisseurs au risque de se fier à des technologies mal maîtrisées », estime un observateur.

Si les experts en communication de crise sont sollicités sur la façon dont le géant coréen peut se sortir de cette mauvaise passe, le design a aussi son mot à dire. Pierre Garner, l’un des fondateurs d’Elium studio qui travaille dans la high tech, constate « le problème de légitimité de Samsung par rapport à Apple. Depuis l’iPhone, il n’y a pas eu d’innovation de rupture dans les smartphones. On assiste à des innovations incrémentales : puissance des processeurs, mémoire, taille des écrans, appareils photo… Le risque est de vouloir occuper le terrain face à la concurrence sans attendre d’avoir une conception finale sécurisée. »

Samsung reste le leader mondial du téléphone portable, présent sur toutes les gammes de prix. Mais un incident sur son appareil le plus haut de gamme se répercute par e et de halo sur son image. « Samsung peut rebondir par le design s’il propose une rupture, pas juste un nouvel écran ou un nouvel appareil photo, poursuit Pierre Garner. D’autant qu’il est également concurrencé dans ce domaine par les industriels chinois. On attend par exemple une vraie proposition grand public sur la réalité virtuelle et la 3D. » La force de frappe de Samsung devrait lui permettre de traverser ce trou d’air. Avant lui, Volkswagen et Toyota ont été confrontés à des scandales majeurs dans le secteur automobile et ont réussi à maintenir leur image de qualité. La façon dont le fabricant va gérer le retour des produits, avec des colis sécurisés, plaidera en sa faveur. Mais pendant ce temps-là, Apple ne va pas rester les bras croisés.

Source : Extrait – Design fax 997, LA LETTRE HEBDOMADAIRE DES STRATÉGIES DESIGN, Lundi 17 octobre 2016

STEPHANE THIROUIN QUITTE SEB

Directeur du design depuis mai 2010, il est amené à quitter le groupe Seb. Pour Seb, cela traduit une évolution de l’organisation et une mise en retrait de la fonction design corporate. Pour le designer de 49 ans, c’est l’occasion de nouvelles aventures.

Son départ interviendra officiellement en juillet. Il est effectif depuis plusieurs jours. Stéphane thirouin quitte le groupe Seb où il était directeur design depuis mai 2010. Il ne sera pas remplacé, cette fonction design au niveau corporate n’étant pas maintenue. Les directeurs marketing consolident leur rôle sur la création de produits. C’est désormais l’homme de marketing Thierry Gee qui pilotera les designers. Parmi les 17 designers intégrés dans le groupe, deux conservent une mission transverse relevant d’une démarche au niveau corporate. D’une part, Véronique Bruchwalski, responsable Couleurs, Matières, Finitions et tendances depuis mai 2012. Elle est chargée d’irriguer toutes les équipes dans ces domaines et d’effectuer la veille. Elle a notamment travaillé chez pininfarina, Volvo Cars, Mc Laren automotive et Renault. D’autre part, anthony Masson, designer innovation depuis janvier 2012. Il collabore avec la recherche afin d’adapter les produits imaginés par celle-ci. Il a été en poste chez Capital Innovation avant de rejoindre Seb en mai 2008. Chaque équipe de designers est affectée à un secteur de produits : cuisine électrique et non électrique, soins personnels… Stéphane Thirouin prépare, entre autres, le lance- ment en juin sur Kickstarter d’un produit qui a fait l’objet de près de trois ans d’études.

Source : Extrait – Design fax 979, LA LETTRE HEBDOMADAIRE DES STRATÉGIES DESIGN, lundi 18 avril 2016

HABITAT ASSOIT SA PERSONNALITÉ

Le distributeur de meubles intègre dans sa nouvelle collection designers émergents, signatures confirmées et pièces d’artisanat.

Un canapé rouge vif, asymétrique, aux accoudoirs joufflus contre lesquels on peut s’appuyer : Libertad de la designer Julie Zafiro est un des trois résultats du concours It Design organisé par Habitat avec My Major Company, qui rejoint la collection automne-hiver 2016 de l’enseigne. Il côtoie les vases Ibn d’Abdelkarim Antar, trois coupelles qui communiquent entre elles, et la lampe Funky de Thibault Pougeoise, un objet plein d’humour accessoirisé de chapeaux en silicone. « Travailler pour Habitat, c’est presque un rêve, une vraie fierté, témoigne ce dernier, fondateur du studio Tida Création. Le brief parlait d’objets qui donnent du sens à notre intérieur. J’ai voulu quelque chose de ludique, et avec le financement participatif on était confrontés directement aux réactions des gens. »

Dirigé par Pierre Favresse, le studio de design d’Habitat compte neuf personnes à Bastille. Son travail est de dessiner une partie des collections (sur le thème des quatre éléments pour la prochaine saison) et d’amener une identité chez Habitat à travers les collaborations extérieures. « Nous voulons être créatifs à prix abordable, avec un design pas trop cher mais original, un peu pointu, et donner de l’homogénéité à l’ensemble », explique Pierre Favresse. Outre les talents émergents, Habitat fait appel à des créateurs confirmés, cette année le Français Noé Duchaufour-Lawrance, qui a dessiné la chaise en bois et textile My Mia, l’Espagnol Eugeni Quitllet, pour le siège en polypropylène Stone qui rappelle des galets polis, et l’Américaine Tina Frey, dont la collection d’art de la table Coast évoque la plage de San Francisco. « J’ai l’habitude de travailler sur des produits de haute facture, ici il fallait concevoir dans des contraintes de coût même s’il s’agit d’un objet haut de gamme pour Habitat, autour de 270 euros », explique Noé Duchaufour-Lawrance à propos de sa chaise, qui semble en apesanteur. « On montre toujours les chaises par l’avant mais lorsqu’on les manipule on les voit de l’arrière. J’ai voulu travailler l’arrière d’abord, avec une structure graphique, tout en jouant sur le confort visuel qui invite à l’assise. » Déséquilibre, asymétrie, petites séries, Habitat intègre également des objets d’artisanat dans son catalogue, comme la vaisselle en grès de la manufacture de Digoin en Bourgogne. L’enseigne n’est cependant que partiellement made in France malgré le recrutement médiatisé d’Arnaud Monte- bourg. L’essentiel de sa production vient d’Italie pour le mobilier, de Belgique pour les matelas, du Portugal pour la vaisselle. Pour communiquer sur la robustesse de sa ligne de literie, elle s’est offert les services du judoka Teddy Riner. « On améliore la vie des gens avec du beau, de l’utile, et aussi autre chose, une personnalité », souligne Pierre Favresse. Habitat est en quelque sorte le chaînon manquant entre Ikea et Roche Bobois. Sa nouvelle collection intègre d’ailleurs des éléments de noyer, plus haut de gamme que le chêne, qui peuvent séduire les foyers lassés du meuble en kit.

Source : Extrait – Design fax 986, LA LETTRE HEBDOMADAIRE DES STRATÉGIES DESIGN, lundi 20 juin 2016